Le Yamaha DX7
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C’est quoi un synthé ?

Longtemps, les gens confondaient les orgues, les arrangeurs et les synthés. Même si aujourd’hui, la différence est de moins en moins présente, il est utile de savoir différencier ces claviers.

Un synthé, c’est un clavier qui sert à créer des sons, à pouvoir les modifier. Un orgue possède des sons non modifiables. Et un arrangeur est souvent à mi-chemin entre les 2.

De nos jours, un synthé n’est plus forcement sous la forme de clavier, il existe sous forme d’application sur tablette, de plugins sur ordinateur, mais la fonction première reste présente : créer des sons.

Et avec l’évolution technologique, nous n’avons jamais eu autant de possibilités de créer nos propres sons.

Mais faisons un bref retour en arrière, pour identifier les premiers synthés, et se donner des repères et des noms.

L’histoire des synthés

Sans avoir la prétention de retracer avec précision, toutes les inventions ayant menées aux synthétiseurs, je vous propose quelques dates clés.

En 1897, l’Américain Thaddeus Cahill invente le telharmonium, appelé aussi dynamophone car il fonctionne à l’aide de 408 dynamos.

En 1917, le Russe Léon Theremine invente le thérémine, instrument peu courant mais encore joué et construit aujourd’hui. Il ne comporte pas de clavier mais deux antennes qui sont influencées par les positions des mains, l’une servant à piloter la hauteur et l’autre le volume du son ; ce son est le résultat de la différence entre deux oscillateurs travaillant à très hautes fréquences.

Modèle de Theremine
Modèle de Theremine

Maurice Martenot invente en 1928 « les ondes Martenot », instrument qui utilise le même principe de différence entre deux fréquences élevées mais dispose d’un clavier et d’un moyen de faire des glissandos.

En 1935, c’est la naissance de l’orgue Hammond, conçu par Laurens Hammond qui travaillait à l’origine à la mise au point d’un moteur destiné à une horloge.

En 1964, Moog commercialise son premier synthétiseur.

En 1966, les Beatles introduisent un appareil de synthèse de sons nommé « Mellotron » dans leur succès Strawberry Fields Forever dont l’introduction est jouée par Paul McCartney.

En 1972 sort le premier synthétiseur diphonique, l’ARP Odyssey conçu par Alan R. Pearlman.
En 1974, les premiers synthétiseurs polyphoniques apparaissent, avec le SEM4 à deux, puis quatre et huit voix, introduits par Tom Oberheim.
Dès 1983, première démonstration publique du Musical Instrument Digital Interface ou interface MIDI, raccordant un Roland Jupiter-6 (en) et un Sequential Circuits Prophet 600, par Dave Smith. La même année, le Yamaha DX7 est commercialisé.

Comment choisir un synthé ?

Avant de répondre à cette question, voici une liste des synthèses existantes :

  • La synthèse soustractive (la plus courante)
  • La synthèse additive
  • La synthèse FM (le fameux Yamaha DX7)
  • La distorsion de phase (chez Casio dans la gamme des CZ)
  • La table d’ondes (PPG Wave, Ensoniq VFX, Korg Wavestation…)
  • La synthèse vectorielle (Sequential Prophet VS…)
  • La synthèse granulaire
  • La synthèse L.A. (Roland D50)
  • L’échantillonnage (Sampling)

Chacune apporte ses particularités, donnant la possibilité de nouvelles dimensions sonores, de nouveaux sons. Nous commencerons par la plus courante, et la plus facile d’accès, la synthèse soustractive.

Néanmoins, une question revient souvent :

Synthé analogique ou synthé digital ?

Le synthé analogique

Finalement c’est simple à comprendre, il s’agit de composants du synthé. Les « vieux » synthés (année 60-70) utilisaient des composants dits analogiques comme des transistors, des diodes, des condensateurs, des résistances…

Ces composants avaient l’avantage de procurer un son chaud, et épais mais le désavantage de mettre un temps à chauffer pour se calibrer, et pouvaient se dérégler.

Cette instabilité, liée aussi à des paramètres extérieurs (humidité, chaleur…) faisait que deux synthés identiques pouvaient ne pas sonner exactement de la même manière, et du coup se rapprochait dans l’idée d’un instrument acoustique.

Ces synthés n’avaient pas non plus de mémoires pour garder des sons programmés. Il fallait noter les positions des potars, et cela sous-entendait de connaitre bien son clavier, pour savoir programmer un son rapidement.

Minimmog
Fameux synthé que le minimoog

Imaginez en concert, passer d’un son de basse à un lead par exemple… D’ou la tentation d’empiler les synthés pour garder les réglages de chaque son.

Le synthé digital

C’est au début des années 80, qu’apparurent les premiers synthés digitaux, sensés répondre aux « problèmes » des synthés analogiques.

Le choix de nouveaux composants, comme des micros-processeurs, la Ram, la Rom issus de l’évolution des micros-ordinateurs vont apporter une nouvelle dimension aux synthés.

Exit les instabilités, tout reste identique à chaque allumage, cerise sur le gateau, il est désormais possible de mémoriser ses réglages et de les rappeler même après avoir éteint le synthé.

Mais quid du son ? et bien le son est plus « froid », plus droit, plus fin. plus numérique. Et avec tous les avantages qu’il présente, c’est un succès par rapport à l’ancienne génération.

Le Yamaha DX7
Un des premiers synthés numériques, le Yamaha DX7

Dans cette même démarche, en observant les 2 images ci-dessus, on passe d’un synthé avec plein de boutons, à un autre avec une face avant épurée.

Roland JX-8P
Une face avant des années 80 : le Roland JX-8P

Aujourd’hui, c’est quoi le mieux ?

Et bien en réalité, il n’y a pas de mieux dans l’une des deux catégories.

Les synthés analogiques sont fabuleux pour leur son chaud, tout comme les synthés numériques. Si vous souhaitez en acquérir un, voici quelques conseils car ils commencent tous à dater (pour les premiers analogiques, et les premiers numériques) :

  • Le tester avant de l’acheter. Les bonnes affaires sont de plus en plus rares. Et de nos jours, il y a une véritable spéculation autour de ces vieux synthés. Certains vont coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros.
  • L’allumer très régulièrement, car il n’apprécie pas d’être stocké.
  • Le protéger de la poussière, ennemie de tous les synthés.
  • Prévoir un budget pour la maintenance, et connaitre des réparateurs.

Et d’ailleurs ils se complètent très bien dans un morceau. Pour alterner, des sons chauds avec des sons froids.

Depuis, nous avons désormais le renouveau des synthés analogiques, et des synthés numériques dit « hybrides », c’est à dire qu’ils possèdent des composants numériques, ET des composants analogiques (Oscillateurs, filtres, …).

Dave Smith OB6
Un nouveau synthé analogique : le Dave Smith OB-6

Je suis allé assez vite sur la distinction des synthés analogiques et digitaux, sachant que dans chaque domaine, les différentes marques choisissaient différents composants, et embarquaient différentes synthèses pour apporter des possibilités plus ou moins poussées.

Bref, c’est pour cela qu’il y a des amateurs de certains synthés analogiques, et pas d’un seul, idem pour les synthés numériques. Il y a beaucoup de synthés dans les 2 domaines avec à chaque fois des particularités qui donnent des sons différents.

Vous commencez à comprendre pourquoi vous avez des amis ayant une collection de synthés chez eux, ce n’est pas une maladie (quoique), juste le besoin de compléter un panel de sons et de possibilités… 😉

Empilement de synthés
Non ce n’est pas une maladie 😉

J’ai vu qu’il existait des samplers, et des modulaires, c’est quoi ?

Alors, je ne voulais pas aborder tous les types de synthés, de peur de vous embrouiller. Mais bon, la question est là 😀

Le sampler

Il faut le considérer comme un enregistreur, qui permet de « piquer » le son d’un vieux synthé, et de pouvoir le jouer ensuite sur le clavier.

Bien évidemment, le son sera différent, mais il s’agissait d’une approche intéressante, et surtout elle a ouvert un monde de possibilités, en pouvant capturer toute sorte de bruits, voix humaines, bruits extérieurs, etc…

E-mu Emulator 2
E-mu Emulator 2 un sampler utilisé par Depeche Mode

Le synthé modulaire

C’est un concept de synthé « en kit », que je vais expliquer.

En gros, il consiste à choisir chaque élément d’un synthé (oscillateur, filtre, LFO, enveloppes, etc… ) pour se fabriquer son propre synthé. Et de pouvoir les relier entre eux, multipliant ainsi la puissance et les possibilités, c’est quasi sans fin…

Voici un exemple ci-dessous…

Synthé modulaire
Le modulaire : un ou plusieurs synthés sur mesure

Et les synthés virtuels dans tout ça ?

Les synthés virtuels, sont une avancée majeure dans nos horizons musicaux.

Des grandes marques comme Arturia, Native Instruments et tant d’autres, permettent à bon nombre de musiciens peu fortunés de retrouver les sons de vieux synthés sans les inconvénients.

Certes, il faudra souvent choisir le contrôleur de la marque, pour profiter au mieux de la sensation de programmer le synthé mythique reproduit virtuellement.

Arturia VCollection
Les synthés recréés en virtuel par Arturia.

Conclusion

J’espère qu’à travers cet article, je vous aurais aidé à y voir plus clair dans le jargon, et les différents types de synthés.

Désormais, vous savez ce que veut dire un synthé analogique ou digitale, et vous comprenez les évolutions, et les différences.

Je vais m’attaquer dans une prochaine suite d’articles, au son lui-même et aux différents types de synthèses.

Je n’ai pas abordé les budgets, car de nos jours côté virtuel, il y a de nombreux synthés gratuits pour bien débuter sans rien dépenser. Et une fois mis en confiance, il sera possible de vous acheter votre premier synthé 😉

Sources :
audiofanzine
wikipedia
mamosa.org
pianoweb

pour aller plus loin, voici un article très complet : https://frank-lovisolo.fr/WordPress/synthese-sonore-histoire-raccourci/?cn-reloaded=1

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